Panne moteur

21 Mai 2017 | Commentaire | Dernière publication

25 août,

Depuis quelques jours, j’ai une dent qui me fait mal et ce matin, ça ne semble pas s’arranger. Je prends une bonne dose d’acétaminophènes, ça devrait soulager le tout. 

Nous préparons notre départ et Guy va lever les deux ancres et j’embraye le moteur en marche avant. Il fait un bruit bizarre... je mets tout de suite au neutre. Guy revient et je lui dis que le moteur fait un drôle de bruit... Ah, zut ! Il repart en avant pour mouiller l’ancre de nouveau. 

C’est un scénario que nous avons déjà connu, Guy sait d’où ça vient. Il va dans le compartiment moteur pour resserrer l’arbre d’hélice à l’accouplement moteur... On réessaie la marche avant. Ça ne fonctionne pas. Il recommence le manège par tous les moyens pour serrer le plus possible le tout... Pas de changement.

L’autre solution, qu’il me dit, est d’aller dans l’eau et de pousser l’arbre vers l’intérieur, parce qu’il est possible que l’arbre soit déplacé vers l’arrière. Oui, mais l’eau est plutôt froide par ici ! Il se rappelle soudain qu’un ami nous a prêté des vêtements de survie étanches. Ils se trouvent dans le fond du coffre extérieur... en dessous des poubelles. La belle affaire ! Nous sortons tout le fouillis et trouvons enfin le vêtement. Je replace le tout et Guy me dit qu’il a aussi besoin de ses lunettes de plongée rangée, devinez où? Dans le fond du coffre. C’est vrai qu’on ne s’en sert pas souvent sous ces latitudes, on espère en tous cas. On finit par trouver les fameuses lunettes et Guy enfile le vêtement du mieux qu’il peut, je l’aide à terminer pour lui mettre ses lunettes en dessous de la capuche et...j’éclate de rire ! Je ne peux pas faire autrement, un fou rire me prend en le voyant ainsi vêtu. Il ressemble à monsieur patate rose fluo. Avec ses mitaines et ses bottillons. Hilarant !

Je me vois en situation de survie, exploser de rire à la vue de son costume... Ça égaye, pour le moins, la situation.

Il plonge, ou plutôt, il descend par l’échelle qui va dans l’eau à l’arrière et se met à réfléchir à la meilleure façon de plonger pour atteindre, vêtu de la sorte, l’hélice et son arbre... C’est un peu loin si on considère que l’habit est fait pour flotter... Il s’accroche ensuite à l’arrière et réalise que ses pieds touchent le bout de l’hélice et qu’il peut la pousser ainsi. Après un bon coup, on espère que ça sera suffisant pour réparer le problème.

On recommence le manège, réparation et essai moteur... rien ne va.

Il faut trouver une autre solution. Guy me parle d’un époxy spécial pour le métal qu’il vient juste d’acheter. En réfléchissant, il me dit qu’il faudrait mettre le bateau au sec, c’est-à-dire l’échouer sur la rive, dans la baie, pour faire une bonne réparation.

On annonce une grande marée, ça devrait pouvoir se faire, mais il faut aller inspecter la rive d’abord, et observer les fonds. Nous mettons l’annexe à l’eau, sous une pluie battante, et allons inspecter les lieux. J’apporte des bidons que nous pourrons remplir aux cascades qui dévalent les montagnes. 

Après avoir inspecté presque toutes les berges, nous devons nous rendre à l’évidence que c’est un peu risqué, vu la quantité de roches qui tapissent le fond. Après avoir fait le plein de nos bidons, nous revenons à bord un peu déboussolés. Il est 12 h 30 et ma dent commence à me faire drôlement mal. Nous prenons un repas rapide et en me lavant les dents, je détecte une masse sur ma gencive. Je presse dessus et crève l’abcès qui dévoile une infection déjà bien avancée. Je reprends des acétaminophènes et sors les antibiotiques que j’ai à bord en prévision de coup dur... Allez hop ! J’en ai pour 15 jours, le temps de revenir à Montréal et d’aller voir mon dentiste.

En attendant, je vais me coucher, car cette petite opération à ma dent ne m’a pas fait grand bien. Après une heure, les médicaments font enfin leurs effets et j’aide Guy à remonter l’annexe sur le pont. Il tente maintenant de faire la réparation à l’époxy même si nous sommes sur l’eau, pendant que j’écris nos dernières aventures. Demain matin à l’aube, nous tenterons de faire tourner cet arbre d’hélice et de quitter ce mouillage.

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